Droit d’entrée
Bonjour, suite des " CrItiquES " des CIES... Rappel chronologique:

- printemps 2001, on lance un questionnaire sur les divers CIES,

- automne 2001, avec la trentaine de réponses détaillées reçues, on rédige un petit " rapport " qu'on diffuse largement,

- mardi dernier, on avait rendez-vous avec un certain nombre de " responsables " au ministère de la recherche.

Voilà le compte rendu de cette entrevue, en trois étapes:

1* le texte d'introduction qu'on leur a lu,

2* le résumé du déroulement de la réunion,

3* le CR d'une deuxième réunion avec un journaliste.

En deux mots, nos impressions: cette rencontre ne va sans doute pas tout révolutionner dans les institutions CIES-iennes, mais en tout cas beaucoup de nos interlocuteurs avaient l'air " d'apprendre des choses ", et ils ont écouté (ou entendu?) ce qu'on avait à dire.

Quand à la suite, eh bien... Il va falloir en décider ensemble!!

On attend vos commentaires, etc...



Pour CrItiquES,

Julie Patris



1 - TEXTE D'INTRODUCTION:

CrItiquES

Notre démarche :

- nous sommes 5 moniteurs en sociologie, maths et physique, des CIES de Jussieu, Orsay, Sorbonne, Versailles, entre la 1ère et la troisième année

- nous sommes tous satisfaits d'avoir eu un monitorat et de l'expérience d'enseignement que cela permet d'obtenir, et contents que cela s'accompagne d'une formation, mais tous avons été déçus, pour des raisons communes, mais aussi des raisons spécifiques à chaque CIES, par la formation dispensée, et nous avons entendu beaucoup de déçus autour de nous

- nous avons voulu recueillir des points de vue d'autres moniteurs afin d'initier une remise en cause du fonctionnement actuel des CIES : nous avons envoyé un questionnaire éléctronique, qui a largement circulé, notamment par le biais de la CEC qui l'a envoyé à tous ses membres.

- Nous avons recueilli une 40aine de réponses détaillées et de nombreuses réactions d'encouragement à notre démarche A partir de ces témoignages, rendant compte de déceptions, mais aussi de bonnes expériences et d'attentes, nous avons rédigé une synthèse " Pourquoi s'initier à l'enseignement supérieur quand on pourrait se former ?Pour une véritable formation des enseignants du supérieur " dont on peut rappeler les points principaux.

1. Les CIES : une institution importante mais décevante

- le principe de la formation des futurs enseignants-chercheurs nous semble excellent, et il rompt avec l'idée partagée dans le milieu universitaire, que les compétences scientifiques impliquent des compétences d'enseignant : l'existence des CIES affirme au contraire que la formation est nécessaire y compris pour les enseignants du supérieur, et beaucoup de moniteurs en sont très satisfaits

- mais dans leur fonctionnement réel, les CIES sont très décevants, et semblent souvent fournir une vitrine plus que mener une politique de formation cohérente

- ce sont des lieux importants de discussion et de sociabilité entre moniteurs de différentes universités et de différentes disciplines, et parfois des lieux d'information sur le monde universitaire et les carrières

- mais le fonctionnement est souvent désagréable et le contenu des formations à l'enseignement est souvent indigent

2. Des témoignages critiques

- faiblesse du tutorat : souvent des tuteurs fantômes, peu d' implication et d'aide concrète, et peu d'intervention en cas de surcharge ou de surexploitation du moniteur

- rigidité du fonctionnement : calendriers imposés, et contrôle infantilisant des présences

- une absence de cohérence de la formation, et des contenu très décevants :

des formations sans aucun lien avec l'enseignement supérieur, tournées vers l'entreprise privée, ou des pratiques pseudo thérapeutiques, ex " la vie en entreprise " des conférences scientifiques sans aucune dimension de formation pédagogique, ex " les ailes de papillons " des formations à l'enseignement très souvent creuses et mal organisées, ex, " pratiques d'évaluations, 6h pour dire que l'évaluation est une construction sociale "

3. Témoignages positifs, attentes et propositions :

Faire de véritables centres de formation et non plus d'initiation

- ouverture de la formation à toute personne débutant dans l'enseignement supérieur, quel que soit son statut : vacataires, PRAG, ATER, jeunes maîtres de conférences

- revalorisation du rôle du tuteur (que ce soit pris en compte dans le service du tuteur), et formation in situ par observation mutuelle de cours entre le tuteur et du moniteur

- mise en place d'un groupe de contrôle des programmes et du recrutement des formateurs et réelle prise en compte des retours des moniteurs (les évaluations existent, mais ne sont pas prises en compte)

- réduction de la part des formations généralistes, en grand groupe et interdisciplinaires

- développement des formations disciplinaires, par petits groupes, sur des situations concrètes

- nécessité de coordonner la formation avec la pratique réelle du monitorat (calendriers)

2 - COMPTE RENDU REUNION

Nous avons eu le mardi 19 février une réunion avec Philippe Casella, directeur scientifique adjoint sciences de la société, Yves Fau, directeur du bureau des allocations doctorales, post-doctorales, et du monitorat, B. Monthubert chargé du portail jeunes chercheurs, Marie-Thérèse Gaucher, qui s'occupe des ENS et des écoles françaises à l'étranger, et un collaborateur de Y. Fau.

La réunion a duré un peu plus d'une heure. Nous avons été écoutés, néanmoins les seules réponses concrètes qui nous ont été proposées sont de rédiger une note et de faire " remonter " la question, et de lancer une enquête sur la qualité des formations des CIES (sans indication de délai).

Après que nous ayons reprécisé notre démarche et nos conclusions, le premier point abordé concernait la délimitation entre le rôle spécifique des CIES (Centre d'Initiation à l'Enseignement Supérieur) et celui des Écoles Doctorales (formation scientifique et insertion future du thésard). Philippe Casella a souligné combien il était important de bien délimiter les attributions des CIES afin de les recentrer sur leur mission d'enseignement. Il a plus précisément souligné la difficulté à articuler pédagogie et enjeux disciplinaires spécifiques, la recherche d'une dictatique générale interdisciplinaire ou valable pour toutes les disciplines apparaissant depuis longtemps illusoire. Le deuxième point important mentionné par Ph. Casella a concerné la fonction de " tuteur ". Il apparaît nécessaire de réinsérer cette question dans un débat plus large, qui concerne la place souvent négligée de l'enseignement dans l'activité des enseignants-chercheurs, et les problèmes posés par l'absence de discussions au sein des équipes pédagogiques sur les questions et les problèmes concrets d'enseignement. Enfin, en ce qui concerne l'organisation pratique des CIES, les problèmes de calendrier ont été remarqués; il a été proposé de s'inspirer des " bonnes pratiques " existant dans certains CIES.

Yves Fau, qui a pris la parole en second, a été plus critique sur notre rapport, qu'il a jugé trop négatif et contradictoire avec notre souhait d'étendre l'accès aux CIES aux autres jeunes enseignants-chercheurs (vacataires, ATER, PRAG, jeunes maîtres de conférence n'ayant pas enseignés auparavant). L'exemple de CIES, en particulier provinciaux, a été mis en avant, avec d'une part l'idée que cela marche d'autant mieux que le CIES est coordonné avec l'École Doctorale (exemple de Grenoble) et d'autre part le sentiment que les CIES de la région parisienne (qui regroupent quand même 40% des moniteurs!) concentrent l'essentiel des problèmes, notamment du fait de leur trop grande taille et de.. l'absence de salles pour organiser des formations en petits groupes. Deuxièmement, il nous a été signalé que certaines réformes étaient en cours concernant les CIES visant, alors que nombre de directeurs ont changé il ya deux-trois ans, à accroître les dotations accordées à ces institutions (+ 5 postes) et à organiser des relations trimestrielles entre directeurs des CIES, mais qu'il reste toute la partie " contenu ", non encore abordée.

Philippe Casella a ensuite repris la parole pour souligner les problèmes qui se posaient pour contrôler des institutions très fortement décentralisées qui ont peu voire pas de conptes à rendre à l'administration centrale, notamment en ce qui concerne les contenus des formations, qui semblent être totalement hors de contrôle et inconnus des autorités de tutelle.

Nous avons souligné :

-la dimension constructive de notre démarche, qui s'accompagne de propositions concrètes, et vise à souligner l'écart entre une institution souhaitable et des formations très décevantes en pratique.

-l'absence de dialogue qu'ont les moniteurs avec les CIES, que ce soit en ce qui concerne les remarques faites à l'occasion d'un stage, les rapports annuels qui leur sont transmis, des interpellations à vocation plus générale comme celle-ci (nous avons envoyé notre texte à tous les CIES, nous n'avons eu qu'une réponse. Au ministère, cette absence de réponse a été expliquée en nous disant que les directeurs ne se sentaient pas forcément " autorisés " à nous répondre).

-l'absence quasi généralisée d'investissements concrets des tuteurs.

-La nécessité d'un contrôle (type commission des programmes) sur le contenu des formations dispensées. Il nous a été répondu qu'il existait des Conseils pédagogiques dans chaque CIES (nous n'en avions jamais entendu parler).

-Le fait qu'un accroissement des ressources accordées au CIES ne nous semblait pas prioritaire, les formations les moins coûteuses (travail en petit groupe avec un enseignant, assistance croisée du tuteur à un cours de son moniteur et vice-versa...) apparaissant souvent bien plus intéressantes que les stages audio-visuels et autres formations privées de lecture rapide.

En conclusion, nous avons été très frappés par le fait que la grande inconnue du système, sur laquelle toute latitude est laissée au niveau local et aucun contrôle assuré par les Ministères de tutelle, concerne les CONTENUS des formations. Or, si les CIES sont des institutions qui fonctionnent bien sur le papier, c'est bien de ce côté là que le bât blesse. Rien n'est prévu concrètement sur ce point, sauf peut-être le lancement d'une enquête (non encore programmée) pour évaluer le contenu de ces formations.

Néanmoins, nous avons reçu une écoute attentive : les acteurs institutionnels ont bien conscience que les CIES ont un rôle à jouer dans la formation des futurs enseignants chercheurs, dans un contexte où de nombreux recrutements sont prévus dans les années à venir, du fait du départ à la retraite de la génération du baby-boom.

3 - REUNION AVEC UN JOURNALISTE

Rendez-vous avec un journaliste spécialisé dans les questions relatives à l'enseignement, auteur notamment d'enquêtes sur les IUFM.

Nous lui avons reprécisé ce que sont les CIES, leurs fonctions, leur public, le statut spécifique des moniteurs. Nous avons ensuite abordé des exemples concrets tirés de nos expériences personnelles et de celles qui nous ont été communiquées. Ce journaliste compte éventuellement assister lui-même à des formations CIES ; nous allons lui transmettre d'une part de la documentation (charte du tuteur de Toulouse, programmes de CIES) et des témoignages recueillis dans le contexte de notre petite enquête (après avoir demandé leur autorisation aux personnes intéressées bien sûr).


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