Droit d’entrée
Globalement, cette réunion sur les doctorants s'est bien passée, Christophe et moi étions plutôt satisfaits des interventions que nous avons pu faire et de leur réception.

J’ai pris très peu de notes, je vous fais un bref CR de mémoire. Un CR plus complet devrait être mis en ligne sur le site du CIP. Je propose de diffuser sur les listes une synthèse des deux. Il faudrait également mettre le texte de notre intervention en discussion sur asso-dde.

La réunion, moins solennelle que je ne pensais, a commencé par une intervention de Baulieu qui a surtout rappelé certains objectifs ou principes : titre de docteur à revaloriser, dévalué à cause des gdes écoles notamment ; la couverture sociale est un impératif ; éloge du système d'attribution des fonds par les fondations aux USA ; le niveau de la recherche n'est pas suffisant à l'université, il doit être amélioré ; éloge du doctorat. Il appelle au réalisme quant à ce que le gouvernement retiendra des propositions : il sera surtout attentif aux mesures concrètes, chiffrées, etc, les demandes plus "abstraites" comme la revalorisation du doctorat seront sans doute plus ou moins ignorées par le ministère. Puis Baulieu nous a laissé.

C’est Yannick Vallée, jeune président de l’université de Grenoble 1, fervent partisan de l’autonomie des universités (cf. l’intéressant n° d’avril de la revue professionnelle La vie universitaire) qui présidait la séance.

Présents :
- Michel Fortuné (SNESUP, invité permanent pour compenser la faible présence syndicale dans le mouvement SLR et EG),
- Sylvain Collonge (président CJC),
- Hélène Combes (ANCMSP),
- 3 représentants (Samuel, Emmanuelle et ?) de la coordination Jeunes Chercheurs Contre la Précarité,
- Olivier Lespinet (MdC Orsay, ancien post-doc "expatrié"),
- Bertrand Monthubert (maths, SLR, ancien CEC, conseiller min. recherche gouv. Jospin, participation mise en place Charte des thèses),
- Un directeur d’équipe de Cochin invité pour plusieurs séances par Yannick Vallée. Intervient fréquemment sur le mode du "tout est une question de volonté", il ne faut pas se poser en victime, se batte pour y arriver, etc.
- Un ingénieur de recherche (sc. expérimentales).
- Une MdC, responsable d’une école doctorale à Paris 7, très investie dans l’insertion des docteurs, notamment dans le privé (“ faire valoir ses compétences ”…).
- Yves Fau (Bureau des allocation de recherche et du post-doctorat au ministère de la Recherche). Il suivait de près la constitution des "Rapports sur les études doctorales".
- Deux inspecteurs de l’IGAENR, Gérard Ghys et François Louis. Auteurs du rapport “ Évaluation du fonctionnement et de la place des écoles doctorales dans les établissements universitaires ” (sept 2003)
(ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/syst/igaen/rapports/ecoles_doctorales04.pdf).

Absents : Jean-Paul Fitoussi, Pascal Degiovanni, Daniel Steinmetz.

De manière générale, la discussion est peu conflictuelle, les participants s’écoutent parler, ce n’est pas une négociation, rien ne se décide ici normalement. Des clivages apparaissent cependant. Le clivage SHS / sciences expérimentales n’est pas absent mais passe au deuxième plan derrière celui qui sépare les doctorants et docteurs sans postes d’un côté, les statutaires et "technocrates" de l’autre. Les interventions de Fortuné (Snesup) et des deux jeunes statutaires (Monthubert, Lespinet) se situent en position intermédiaire entre ces deux pôles. De ces deux pôles, celui des plus jeunes donne davantage sa dynamique au débat : nous relançons, apportons les positions à discuter, ce qui est normal vu le thème. Certains se découvrent peu : Vallée interviendra peu, il émet parfois un avis succinct sur tel ou tel point. Sa position de président du comité thématique le porte-t-elle à la neutralité ? Ou laisse-t-il le soin à d’autres, notamment ses invités, de faire valoir des positions communes ?

La réunion ne s’est pas déroulée comme prévu. Trois ou quatre interventions étaient programmées mais seule une partie de la première a eu lieu, celle de Ghys et Louis sur l’évaluation des écoles doctorales. Ils ont proposé dès le début de laisser intervenir les participants pendant leur exposé, souhaitant instaurer un débat. Du coup, au bout de 15mn leur intervention s’est noyée dans le débat qui nous a occupé jusqu’à la fin de la réunion (12h30). Débat notamment parce que leur rapport a paru contestable (bilan sur certains points trop positif des ED et de leur fonctionnement).

Le "format débat" est intéressant, mais un peu frustrant lorsqu’on a préparé une intervention de plus de 20mn. Nous avons cependant réussi à placer quelques éléments sur la situation des doctorants en SHS et des propositions :

- Nous avons fait remarquer que l’université et la recherche françaises vivait en partie sur une précarité structurelle intolérable (vacataire, travail au noir, post-docs, bénévolat…).

- Déficit d’allocations en SHS, non compensé par financements en provenance du privé. Demande d’une multiplication par 3 du nombre d’allocs pour aboutir au même taux que les sc expérimentales. Comme on pouvait s’y attendre, la question de l’augmentation du nombre d’allocs fait débat. Problème du manque de débouchés. A ce sujet, nous (et/ou JCCP) demandons le remplacement des départs en retraite et la création des 17000 postes manquant à l’université.

- Nous nous opposons à ce que l’inscription en thèse soit soumise à l’obtention d’un financement. Si c’était le cas, 80% des effectifs disparaîtrait en SHS. L’université ne trouverait plus de vacataires pour assurer les TD dans ces disciplines.

- Nous avons évoqué les spécificités de la thèse en SHS ; il faudrait insister sur ce point.

- La directrice d’ED se demande comment revaloriser le doctorat : le problème de la concurrence des grandes écoles est abordé. Non sans goût de la provocation, nous estimons qu’il faut supprimer les grandes écoles. [Plus sérieusement, il faudrait au moins mettre en relation la question du coût de l’augmentation du nombre d’allocations avec le coût des grandes écoles, le coût d’un thésard financé et le coût d’un étudiant dans une grande école.]

- La charte des thèses. Vallée, Ghys, Louis y voient un progrès, quelque chose d’important, etc. Pour Monthubert, c’est un premier pas utile, mais pour Collonge, il faut maintenant qu’elle devienne contraignante, qu’elle ait force de loi. Nous soulignons, avec le JCCP, le caractère inopérant de la charte qui est souvent aussi vite oubliée qu’elle est signée.

- Les relations problématiques entre doctorant et directeur. Pour la directrice d’ED de P7, une bonne ED doit pouvoir servir à régler ce type de problème. Vallée, selon les échos qu’il en a, pense que les cas graves sont assez rares. Nous expliquons, avec d’autres doctorants, pourquoi ces cas problématiques sont peu révélés : relation de forte dépendance, sur le plan matériel et de l’avancée dans la thèse, accès à la publication, etc. C’est pourquoi peu de cas sont connus, et encore moins font l’objet de plainte de la part des doctorants concernés. Nous parlons de CLASCHES.
Pour limiter ce genre de risque et pour améliorer l’encadrement, certains proposent un co-directeur, un double encadrement. Nous proposons le comité de thèse qui conduit davantage à une logique de recherche collective.

- Vallée donne la parole à Yves Fau au sujet de mesures mises en œuvre pour l’insertion des docteurs dans le privé (dispositif initialement nommé "Dernier chapitre de la thèse"). Il travaille en collaboration avec l’asso Bernard Gregory (qui vise à l’insertion des docteurs au sein de l’entreprise). Selon lui, ces mesures de valorisation des compétences (une partie de la thèse porterait sur ce point si j’ai bien compris), de démarche vers les entreprises, etc (je ne me souviens plus exactement), suivie par 150 docteurs, ont porté leur fruit : il nous cite l’exemple des docteurs qui se sont bien insérés, à leur niveau de qualification, au sein d’entreprises privées.
Il est contesté. Samuel du JCCP explique que la plupart des thésards font leur thèse pour bosser dans le public. Nous intervenons pour dire qu’il ne dispose pas d’éléments prouvant que la procédure mise en œuvre (depuis 2 ans, donc encore imparfaite selon lui) favorise réellement l’insertion en entreprise : il aurait fallu pouvoir comparer avec des docteurs qui ne l’auraient pas suivi… Bref, son programme n’a pas trop la cote auprès des "jeunes chercheurs". Mais c’est sans doute l’échec de la démarche engagée par l’AESCP en direction des entreprises, relaté par Hélène Combes (invitation de chefs d’entreprises au Salon des thèses en sc po), qui illustre le mieux la valeur accordée au doctorat par ces dirigeants du privé (trop de connaissances, trop critique, trop de réflexion pour les postes qu’ils peuvent offrir…).

Vers 11h30, nous avons profité d’une amorce de discussion sur le statut du doctorant pour faire remarquer que l’OdJ avait été modifié, que le débat était intéressant mais que nous avions préparé un texte contenant des propositions dont nous voulions faire part, précisément sur le statut. Nous avons alors exposé notre projet de statut (le seul évoqué dans la matinée, mais l’objectif, très partiellement atteint, était plutôt celui d’un état des lieux sur la base de données fiables). Celui-ci a retenu l’attention de tous les participants (prise de notes…) et a fait l’objet d’une brève discussion.

Nous sommes invités à présenter notre texte au CIP le 12 mai, en ouverture de la matinée sur les débouchés et l’insertion des docteurs (à ce propos, pourquoi Yves Fau est-il intervenu aujourd’hui et pas le 12 ?).

En fait ces réunions sont plus ouvertes que je ne pensais, à condition de connaître un des membres du comité. On peut d’ailleurs s’interroger sur la présence de certains invités : qu’est-ce qui justifie celle de l’ingénieur de recherche ? Il n’est pas membre du comité, il n’a rien à voir a priori avec l’objet de la réunion. Idem pour le chef d’équipe de Cochin, invité par Vallée, d’autant qu’il semble devoir revenir lors de réunions ultérieures (un invité plus ou moins permanent, comme dans le sous comité du thème 2 (cf. le site) ?).

A l’issue de la réunion, le type du SNESUP est venu nous proposer de rester en contact, notamment pour discuter du projet de statut de doctorant qui, selon lui, n’est pas sans point commun avec celui du syndicat.

Pour conclure, on peut se demander ce qu’il va rester d’un tel débat ? Ils étaient censés auditionner pour avoir un état des lieux de la situation doctorale pour pouvoir faire la synthèse en ayant en tête des données fiables, des repères. Mais le débat a largement débordé sur les propositions, sur les revendications, etc. Que vont-ils en retenir ?

Quoi qu’il en soit, notre participation à ces réunions semble essentielle pour faire connaître, au niveau du CIP, une vision propre aux SHS et qui, de manière générale, s’oppose à la précarité. La discussion de cette matinée montre qu’ils sont nombreux à ignorer les conditions dans lesquelles nous réalisons nos thèses et plus loin les propriétés du travail scientifique en SHS. Il me semble que c’est important pour que les propositions émanant des SHS à d’autres niveaux de la "structure EG", des chercheurs en formation ou confirmés (que de contorsions pour ne pas dire jeunes chercheurs !), leurs soient plus familières, pour que le diagnostic soit davantage partagé, même s’il ne faut pas se faire d’illusions sur la volonté de certains d’en tenir compte.


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