Droit d’entrée
En réponse à quelques questions au collectif Droit d’entrée.

Avant toute chose (en préambule ?), nous encourageons toutes personnes à réagir à propos des mails que nous envoyons. Autrement dit, à nous demander des comptes sur nos diverses activités et nos prises de positions. Nous encourageons également tout le monde à participer à notre travail. Pour cela il suffit de nous contacter à droit_d_entree@yahoo.fr

Le collectif Droit d’entrée est une organisation récente en pleine construction. Nous avons pris la décision de ne pas attendre d’être organisé et/ou d’être représentatif pour prendre position et agir. Sans attendre d'improbables Etats Généraux des doctorants en sciences sociales, nous avons intégré les instances qui tentent de peser dans les débats qui nous concernent directement (allocations de recherche, fonctionnement des écoles doctorales, statut des doctorants, etc.). Nous tentons d’impulser un début d’organisation politique des doctorants en sciences sociales pour favoriser les mobilisations visant à l'amélioration des conditions d'accès aux professions de l'enseignement supérieur et de la recherche. Il s’agit de sortir des mouvements de contestation sporadique (à l’image du mouvement des vacataires des Lyon II, mort-né, l’année dernière). Et, parce qu'elle a des répercussions directes sur les conditions de vie des doctorants, nous souhaitons également lutter contre la précarisation de l’enseignement supérieur et du monde de la recherche.

En même temps, nous tentons de mobiliser les outils scientifiques des sciences sociales pour, d’une part, produire une connaissance à prétention objective de l’univers dans lequel nous évoluons et, d’autre part, étayer notre travail politique. Ainsi, au sein du collectif, un groupe de huit personnes mène actuellement une enquête sur les conditions de vie matérielle et scientifique des doctorants en sciences sociales et sur les conditions d’accès à l’enseignement supérieur et au monde de la recherche (l’enquête la plus avancée porte sur les conditions d’accès à la publication des doctorants en sciences sociales qui fera l’objet d’une large diffusion).

Etant conscients du caractère relativement subversif de nos actions et des risques que nous encourons à cet égard, et suivant par là les conseils avisés de certains sympathisants, nous préférons, non sans regret et sous peine de donner au collectif un caractère secret, préserver un minimum d'anonymat. Les personnes désireuses de nous soutenir et de collaborer avec le nous recevront bien évidemment plus d'informations sur nos identités respectives.
Actuellement, seules deux personnes sont actives politiquement. Elles représentent le collectif au sein de la CEC, elles ont participé à diverses mobilisations pour la revalorisation de l’allocation de recherche (sans être en complet accord avec cette revendication, nous nous en sommes expliqués) et la création d’un véritable statut des doctorants (revendication à laquelle nous sommes tout à fait favorables). Ces deux personnes sont également en contact avec des associations des doctorants de sciences sociales en France et l’ANCMSP (pour le moment, nous n’avons pas dépassé le stade du contact mais envisageons un travail collectif dans l’avenir). Une liste de diffusion a également été mise en place afin de favoriser la diffusion des informations capitales sur les thèmes qui nous préoccupent.
Enfin, la création d’une association est envisagée, afin de doter le collectif d’un statut légal. Une réunion collective sera prévue à cette occasion, à laquelle tous nos contacts seront conviés.

Majoritairement issus de la sociologie, nous n’avons pas voulu circonscrire nos revendications à cette seule discipline. D’une part, car les frontières disciplinaires en sciences sociales sont très poreuses et s'appuient parfois sur des critères discutables, et, d’autre part, parce que ces frontières produisent des distinctions politiquement improductives. L’heure est plutôt au rassemblement des forces collectives. Nous militons ainsi pour l’unification politique des doctorants et des professionnels des sciences sociales, ces dernières étant également sous représentées dans les différents syndicats d’enseignant et de chercheurs. Pour l’instant, nous travaillons auprès des réseaux qui sont les nôtres : les doctorants en sociologie, ethnologie, anthropologie, histoire, économie, sciences politiques.
En toute honnêteté, nous n’avons pas réfléchi au cas des lettres, de la philosophie, des langues, de la linguistique, du droit et de la psychologie. Mais la question n’est pas de savoir si ces disciplines font parties des sciences sociales ou non, mais de savoir si les doctorants de ces disciplines désirent s’associer au travail politique que nous tentons d’impulser. Si oui, nous ne voyons aucune objection à la discussion et à l'extension de nos revendications, à l’abandon du terme « sciences sociales » et à la transformation du mode d’organisation du collectif. D’autant plus que les conditions d’existence de ces disciplines et de leurs doctorants sont proches, si ce n’est identiques, de celles en sciences sociales. Ce collectif n’est pas notre chose ! Il est pour le moment ce que nous tentons d’en faire avec l'appui et la participation de ceux qui souhaitent se joindre à nous. Notre objectif premier, comme nous l'avons déjà dit, est d’impulser une dynamique de mobilisation pour sortir de cet état d’anomie politique, du fatalisme si caractéristique aux doctorants en sciences sociales, du darwinisme social que nous critiquons dans d’autres domaines mais dont nous nous accommodons dans notre univers et, enfin, de la critique tant atomisée qu'idéaliste, donc inefficace, qui attend indéfiniment la création d'un mouvement qui corresponde enfin à ses aspirations,

Nous nous sommes expliqués sur notre position par rapport à la CEC. Nous ne pensons pas qu’elle représente essentiellement « les doctorants allocataires éventuellement moniteur ». La CEC représente les intérêts de ses membres actifs, soit majoritairement ceux des doctorants en sciences dites dures (donc effectivement allocataires voire moniteur vu les taux de financement de ces disciplines). C’est pour cela qu’il nous faut investir cette Confédération et tenter d’élargir ses revendications. Comment ? En créant des associations de doctorants en sciences humaines et sociales, en travaillant collectivement, en menant un travail politique de représentation indépendamment des bases régionales des diverses associations. En cassant effectivement les cloisonnements disciplinaires, ce que Droit d’entrée tente de faire à sa manière.
Mais nous tenons à préciser qu’à la différence de la CEC, qui peut paraître très corporatiste, le combat politique que nous entendons mener s’inscrit dans un ensemble plus large de mobilisations contre la dislocation et la réorganisation à tendance néolibérale de tout un modèle de société. Défendre nos intérêts, c’est défendre directement un certain modèle de l’Etat, un certain modèle du service public et de la dépense publique et, par conséquent, une certaine conception de la recherche publique. C’est également en ce sens que notre travail possède une dimension politique.

Précisons, pour clore ce texte, nos principales revendications.

- Dans un premier mouvement et faute de mieux, le nombre d'allocations réservées aux doctorants en sciences sociales et humaines doit subir une augmentation drastique.

- Mais, de manière plus générale, c'est l'instauration d'un véritable statut du doctorant accompagné d'un revenu décent qui répondrait de manière pertinente à nos préoccupations. La résorption de la précarité passe effectivement par la refonte des différents statuts actuels (allocataire, moniteur, ATER, vacataire, contractuel, etc.) et la création d'un statut unique d'enseignant-chercheur en formation pour les doctorants et post-doctorants candidats aux métiers de l’enseignement et de la recherche publics (faut-il vraiment exclure les professions du secteur privé ?). L'élaboration d'un tel statut suppose une réelle prise en compte des différences qui existent entre les disciplines concernant le travail de thèse (en termes de tâches à accomplir, de durée, etc.), sachant que l'adoption de cette mesure produirait sans doute une réduction de la durée moyenne des thèses dans les disciplines aujourd'hui les moins financées.

- Il est également nécessaire de réformer les conditions de recrutement des enseignants-chercheurs (non-titulaires et titulaires) et des chercheurs. Pour cela, il faut garantir l'accès public à une information complète sur les postes, les conditions d'accès aux postes, l'évaluation des candidats. Il faut également réfléchir collectivement à l'élaboration de critères pédagogiques et scientifiques de recrutement et d'exercice du métier.

- Nous considérons que l'université doit rester un lieu privilégié de la recherche et de sa diffusion. Malheureusement, la charge de travail d'un universitaire en matière d'enseignement et d'accomplissement de tâches administratives reste souvent trop élevée pour lui permettre de se consacrer de manière sérieuse à la recherche. Dans le même temps, le taux d'encadrement des étudiants demeure insuffisant pour leur assurer une formation solide. Le système universitaire français est moins performant que ceux des pays comparables et enregistre des résultats globalement médiocres. Sans sous-estimer les améliorations qualitatives qui peuvent être apportées à la formation universitaire, nous demandons à la fois la suppression des heures complémentaires et la création en plus grand nombre de vrais postes d'enseignants-chercheurs.

- La recherche fondamentale en sciences sociales doit redevenir une priorité, ce qui implique de créer également en plus grand nombre des postes de chercheur au CNRS et dans les organismes de recherche publics et de garantir les conditions matérielles de fonctionnement des laboratoires. Signalons que les projets de recrutement dans le secteur de la recherche publique semblent pour le moins défavorables aux D.S. 6 et 7.

Sur tous ces points, il est urgent de réfléchir, d'informer, de proposer, d'agir, de mobiliser. C’est pour cela que nous avons créé ce collectif.


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Droit d'entrée
Une association de défense des doctorants en sciences humaines et sociales



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